« Mon enfant va-t-il oublier tout ce qu’il a appris cette année ? » « Ne risque-t-il pas de perdre le rythme s’il ne fait rien pendant deux mois ? » Chaque été, ces questions reviennent chez de nombreux parents. Soucieux de bien faire, certains multiplient les activités, les stages ou les cahiers d’exercices, tandis que d’autres préfèrent laisser leur enfant profiter pleinement de cette pause.
Les recherches en neurosciences, en psychologie du développement et en sciences de l’éducation convergent pourtant vers une même idée : les vacances ne sont ni du temps perdu ni une simple interruption des apprentissages. Elles répondent à des besoins essentiels du cerveau et du développement de l’enfant, à condition de trouver le bon équilibre entre récupération, découvertes et stimulation.
Le cerveau aussi a besoin de ralentir :
Pendant longtemps, on a considéré que l’apprentissage se produisait essentiellement à l’école. Les neurosciences montrent aujourd’hui que cette vision est incomplète.
Comme l’explique Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et spécialiste des mécanismes de l’apprentissage, apprendre ne consiste pas seulement à acquérir de nouvelles connaissances : le cerveau doit aussi les consolider pour les transformer en souvenirs durables. Les chercheurs parlent de consolidation mnésique, un processus par lequel le cerveau réorganise et renforce les informations récemment acquises. Les travaux de l’INSERM montrent que ce mécanisme se poursuit pendant les périodes de repos et joue un rôle essentiel dans la mémorisation à long terme.
Les neurosciences se sont également intéressées au réseau du mode par défaut (Default Mode Network), particulièrement actif lorsque notre attention n’est pas mobilisée par une tâche précise. Loin d’être inactif, le cerveau profite alors de ces moments pour faire des liens entre les informations, consolider les apprentissages et préparer de nouvelles capacités d’adaptation.
Cette récupération est d’autant plus importante que les enfants évoluent dans des environnements très stimulants : école, devoirs, activités extrascolaires, écrans… Les vacances offrent une respiration précieuse, qui réduit la fatigue cognitive et permet de retrouver disponibilité, curiosité et plaisir d’apprendre.
Cela ne signifie pas que les vacances doivent être synonymes d’inactivité. Les enfants continuent d’apprendre autrement : en jouant, en observant, ou en vivant de nouvelles expériences.
La question n’est donc pas de savoir s’il faut occuper son enfant ou le laisser tranquille, mais de s’interroger sur la qualité des expériences qu’on lui propose.
L’ennui, indispensable au bon développement de l’enfant :
Peu d’adultes apprécient d’entendre un enfant dire : « Je m’ennuie » Notre premier réflexe est souvent de chercher une activité, une sortie ou un écran pour combler ce vide. Pourtant, ce temps où « il ne se passe rien » est loin d’être inutile.
La chercheuse britannique Teresa Belton, qui s’intéresse depuis de nombreuses années au lien entre ennui et créativité, explique que ces moments obligent les enfants à mobiliser leurs propres ressources : imaginer un jeu, inventer une histoire, observer leur environnement ou simplement laisser leur pensée vagabonder. Autrement dit, lorsque personne ne décide à leur place de ce qu’ils doivent faire, ils apprennent progressivement à être acteurs de leur temps.
Les spécialistes parlent de jeu libre, c’est-à-dire d’une activité choisie et dirigée par l’enfant lui-même, sans objectif imposé par l’adulte. L’UNICEF rappelle que ce type de jeu est essentiel au développement cognitif, social et émotionnel. Il nourrit la créativité, renforce les fonctions exécutives, comme la planification ou la résolution de problèmes, et favorise l’autonomie.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille laisser un enfant livré à lui-même toute la journée. Mais entre un emploi du temps entièrement organisé et des journées où chaque minute est planifiée, il existe un espace précieux : celui où l’enfant peut explorer, expérimenter et suivre sa propre curiosité.
Continuer à apprendre sans avoir l’impression de travailler :
À l’inverse, faut-il abandonner toute forme d’apprentissage pendant l’été ? Là encore, la réponse est plus nuancée.
Les recherches sur la « glissade estivale » (summer learning loss) montrent que certains acquis peuvent effectivement s’estomper pendant les longues vacances, notamment lorsque les enfants sont peu stimulés ou n’ont pas accès à des activités culturelles ou éducatives, mais aussi qu’il n’est pas nécessaire de recréer l’école pour entretenir les apprentissages.
Lire un roman, préparer une recette en famille, visiter un musée, jardiner, observer les étoiles, jouer aux échecs ou simplement discuter de l’actualité autour d’un repas… Toutes ces expériences développent le langage, la logique, la culture générale et l’esprit critique. C’est sans doute là que réside le véritable enjeu des vacances : remplacer les apprentissages formels par des apprentissages vécus. Ceux qui naissent d’une rencontre, d’une découverte ou d’une conversation restent souvent gravés bien plus longtemps qu’un exercice réalisé par obligation.
Les cahiers de vacances et les cours de soutien, utiles, mais pas systématiques :
Pour un enfant ayant rencontré des difficultés ou s’apprêtant à franchir une étape importante de sa scolarité, quelques exercices réguliers peuvent être utiles pour consolider certaines notions. En revanche, pour un élève qui a bien progressé, inutile de transformer les vacances en prolongement de l’école : une quinzaine de minutes, quelques jours par semaine, suffit largement, à condition que l’enfant y prenne du plaisir.
Le même raisonnement s’applique aux cours de soutien. Ils répondent à un besoin spécifique, mais n’ont pas vocation à devenir systématiques. Les vacances restent avant tout une période de récupération, de découvertes et d’épanouissement.
C’est dans cet esprit que Elbilia International propose chaque été des Summer Camps sur ses campus. Sport, ateliers créatifs, jeux, découvertes et immersion linguistique en français ou en anglais permettent aux enfants de développer de nouvelles compétences, de gagner en confiance et d’apprendre autrement, sans avoir le sentiment de prolonger l’année scolaire.
Ainsi, cet été 2026, Elbilia International, en partenariat avec Elbilia Language Link, propose également un English Summer Camp à Elbilia International Domaine d’Anfa, du 20 au 24 juillet. Conçu pour permettre aux enfants de progresser en anglais dans un environnement ludique et stimulant, il combine jeux d’équipe, ateliers de théâtre et de prise de parole, énigmes, sports, karaoké, cinéma et chasses au trésor… le tout intégralement en anglais. Une semaine pour gagner en aisance à l’oral, développer sa confiance en soi et apprendre autrement, tout en vivant une expérience riche en découvertes et en rencontres.
Retrouver le sens des vacances
Les vacances n’ont pas pour vocation de faire oublier l’école, ni de la remplacer. Elles permettent aux enfants de récupérer, de grandir autrement et de nourrir leur curiosité à travers des expériences qu’ils n’ont pas toujours le temps de vivre pendant l’année.
En définitive, la meilleure préparation à la rentrée n’est peut-être pas un agenda rempli d’obligations, mais un été équilibré, où se mêlent repos, jeu, découvertes et moments partagés en famille. Car un enfant qui revient reposé, curieux et heureux est aussi un enfant plus disponible pour apprendre.
Pour en savoir plus
- UNICEF – Apprendre par le jeu : un guide de référence qui explique pourquoi le jeu, l’exploration et les interactions sont au cœur du développement et des apprentissages de l’enfant : https://www.unicef.org/sites/default/files/2019-01/Apprendre%20par%20le%20jeu.pdf
- INSERM – La mémoire : une affaire de plasticité synaptique : un dossier complet pour comprendre comment le cerveau mémorise, consolide et restitue les apprentissages : https://www.inserm.fr/dossier/memoire/