Dans une même école, deux élèves du même niveau peuvent vivre des expériences d’apprentissage assez différentes. Les enseignants ont chacun leurs méthodes, leurs habitudes, leur manière d’expliquer une notion ou d’accompagner un élève en difficulté. Cette diversité est une richesse, mais elle pose aussi une question importante : comment s’assurer que tous les élèves bénéficient de la même qualité d’enseignement ?
C’est notamment pour répondre à cette question que le groupe EDC (Education Development Company), auquel appartient le réseau Elbilia International, a développé un nouveau modèle pédagogique, une première au Maroc.
Mis en place progressivement depuis la rentrée scolaire 2025, ce modèle repose sur une idée simple : pour aider les élèves à progresser, il faut aussi accompagner les enseignants, soutenir les directions pédagogiques et évaluer régulièrement le fonctionnement des écoles.
Cette démarche fait écho aux conclusions de plusieurs études récentes sur l’éducation au Maroc. Celles-ci soulignent que l’amélioration durable de la qualité de l’enseignement ne dépend pas uniquement des programmes scolaires ou des moyens matériels. Elle repose aussi sur trois leviers essentiels : la formation et l’accompagnement des enseignants, la capacité des directions pédagogiques à piloter les apprentissages, et l’évaluation régulière des résultats des établissements.
Trois dimensions qui sont précisément au cœur du nouveau modèle pédagogique d’Elbilia.
Des repères communs pour enseigner, sans faire tous les cours de la même manière :
Chaque enseignant possède sa personnalité et son expérience. Certains privilégient les échanges, d’autres les exercices ou les démonstrations. Il n’est évidemment pas question de faire disparaître ces différences.
En revanche, certaines pratiques sont essentielles pour aider les élèves à apprendre. Par exemple, vérifier qu’une notion précédente est bien comprise avant d’en introduire une nouvelle, expliquer clairement ce qu’on attend des élèves ou s’assurer qu’ils ont réellement assimilé ce qui vient d’être enseigné.
Le nouveau modèle d’Elbilia propose donc aux enseignants un cadre commun, appelé « Les Essentiels EDC ».
Concrètement, une leçon s’organise autour de six étapes : rappeler les connaissances précédentes, présenter les objectifs du cours, introduire progressivement les nouvelles notions, permettre aux élèves de les appliquer, vérifier leur compréhension, puis évaluer ce qu’ils ont retenu.
Prenons un exemple simple. Lorsqu’un professeur aborde une nouvelle notion de mathématiques, il ne suffit pas qu’il l’explique et propose quelques exercices. Il doit aussi s’assurer que les connaissances nécessaires sont acquises, accompagner les premières applications, puis vérifier que les élèves sont capables de résoudre des problèmes de manière autonome.
Cette façon de construire les cours permet notamment de repérer plus rapidement les incompréhensions, avant qu’elles ne s’accumulent. Elle laisse également une place importante aux différences entre élèves. Ceux qui ont besoin de davantage d’explications peuvent être accompagnés, tandis que ceux qui avancent plus rapidement peuvent travailler sur des exercices plus exigeants.
Les enseignants aussi ont besoin d’être accompagnés :
On parle beaucoup de l’accompagnement des élèves, mais moins de celui des enseignants. Pourtant, enseigner est un métier qui s’apprend et qui continue d’évoluer tout au long d’une carrière.
Une méthode qui fonctionne très bien avec une classe peut être moins adaptée à une autre. Une difficulté rencontrée par plusieurs élèves peut aussi amener à revoir la manière dont une notion est expliquée.
C’est pourquoi le nouveau dispositif prévoit un suivi régulier du travail des enseignants.
Chaque professeur doit recevoir au moins deux visites de classe par mois de la part de son directeur pédagogique. Ces observations sont suivies d’un échange, dans les 48 heures, pour revenir sur le déroulement du cours, identifier ce qui a bien fonctionné et réfléchir aux améliorations possibles.
Il ne s’agit pas de surveiller ou de sanctionner, mais de permettre à chacun de progresser.
Des réunions pédagogiques hebdomadaires, des formations et des temps d’échange entre collègues complètent ce suivi. Un enseignant peut ainsi partager une méthode qui fonctionne, demander conseil sur une difficulté ou préparer une leçon avec d’autres professeurs.
Abdelhak, professeur d’Histoire-géographie à Elbilia International Bourgogne (Casablanca) confie : « Cela fait vingt ans que j’enseigne et je suis passé par plusieurs établissements. C’est la première fois que je travaille dans un cadre comme celui-ci. Il y a une vraie rigueur, un suivi régulier, et surtout, on ne perd jamais de vue l’essentiel : les élèves. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que ce modèle pousse tout le monde à progresser, aussi bien les enseignants que les élèves. »
Le rôle de la direction pédagogique :
Dans une école, le directeur pédagogique ne s’occupe pas uniquement des emplois du temps, des programmes ou de l’organisation des examens. Il doit aussi savoir ce qui se passe dans les classes, connaître les difficultés rencontrées par les enseignants et suivre les progrès des élèves. Avec le nouveau modèle, cette responsabilité est davantage structurée.
Les directions pédagogiques s’appuient notamment sur les résultats des évaluations, les observations en classe et les échanges avec les équipes pour identifier les besoins et proposer des solutions.
Elles sont elles-mêmes évaluées trois fois par an, selon neuf critères qui portent, entre autres, sur l’accompagnement des enseignants, le suivi des apprentissages, le climat scolaire et la relation avec les familles.
L’idée est que les difficultés d’apprentissage ne soient pas seulement l’affaire de l’élève et de son professeur. Elles concernent toute l’équipe pédagogique, qui doit chercher ensemble comment y répondre.
Comment savoir si une école fonctionne bien :
Les résultats scolaires sont importants, mais ils ne disent pas tout de la qualité d’un établissement. Une école doit aussi offrir un environnement dans lequel les élèves se sentent bien, les enseignants peuvent travailler dans de bonnes conditions et les parents trouvent des interlocuteurs disponibles.
C’est le troisième volet du nouveau modèle.
Chaque établissement Elbilia International est évalué trois fois par an, par un comité réunissant des membres de la direction générale et des directeurs pédagogiques. Huit domaines sont examinés, dont les résultats des élèves, la qualité de l’enseignement, la formation des enseignants, le climat scolaire, la sécurité et les relations avec les familles. Les établissements réalisent également leur propre évaluation et définissent des actions pour améliorer les points qui en ont besoin.
L’objectif n’est pas de considérer qu’une école doit être parfaite, mais qu’elle doit être capable de reconnaître ce qui ne fonctionne pas suffisamment bien et de chercher à y remédier.
Ce que les parents peuvent observer chez leurs enfants :
Pour les parents, tous ces dispositifs peuvent sembler assez techniques. Ce qui compte, finalement, c’est ce qu’ils changent dans la vie scolaire de leurs enfants. Un élève qui comprend mieux ses cours, qui ose davantage participer ou qui retrouve de l’intérêt pour une matière : ce sont des progrès qui ne se résument pas toujours à une note sur un bulletin.
Halima B., dont les deux enfants sont scolarisés au collège et au lycée à Elbilia Casablanca Bourgogne, a accepté de témoigné dans notre blog : « Mon fils a toujours un peu traîné des pieds pour aller à l’école. Il avait aussi des difficultés avec ses notes, même avec des cours de soutien. Avec son père, on avait fini par se dire que c’était comme ça. Mais depuis la mise en place du nouveau modèle pédagogique, on voit vraiment la différence. Il s’intéresse davantage à ses cours, il comprend mieux ce qu’on lui explique en classe. C’est un peu comme si les professeurs l’avaient pris par la main pour l’aider à avancer. »
Chaque enfant progresse à son rythme, et les effets d’un changement pédagogique ne sont pas nécessairement immédiats. Mais c’est bien ce type d’évolution que nous souhaitons encourager.
Un modèle qui se met progressivement en place :
Le nouveau modèle pédagogique a été déployé, à partir de septembre 2025, dans l’ensemble des établissements Elbilia International et Elbilia Skolar, à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger.
Cette démarche s’appuie sur un modèle éprouvé : des formations ciblées, un accompagnement régulier des enseignants et un suivi de proximité par les DP permettent d’améliorer durablement les pratiques pédagogiques. Notre priorité est d’en assurer une mise en œuvre cohérente et rigoureuse dans chaque établissement, en l’adaptant aux besoins des équipes.
Notre ambition est d’en inscrire les bénéfices dans la durée, en accompagnant les équipes et en affinant continuellement les pratiques. C’est l’un de ses principes essentiels : une école ne cesse jamais d’apprendre. Les élèves progressent, les enseignants développent leurs compétences et les établissements améliorent leur fonctionnement.
Avec, au bout du compte, un objectif commun : que chaque enfant de notre Groupe puisse apprendre dans les meilleures conditions possibles, quelle que soit sa classe ou l’établissement qu’il fréquente.
Pour en savoir plus :
- Rendez-vous sur le site web : www.elbiliainternational.ma
- Mandli, Y. & Dibi, A. — « Les établissements d’enseignement privé au Maroc face à leurs parties prenantes : une étude qualitative exploratoire de la configuration du système d’activités sous le prisme des ressources et de la légitimité », Alternatives Managériales et Économiques, vol. 8, n°3, juillet 2026, pp. 371-396.